La résilience
Chouette maman ! Tu as rempli la piscine gonflable ! Mets ton maillot de bain et de la crème, il fait très chaud sur la terrasse.
Regarde les beaux trèfles à 4 feuilles il y en a des centaines ! Je regarde Alix, qui se protège du soleil à 6 mois, en se mettant sous ta chaise.
Tu m’as fait découvrir le train en legos, j’avais 4 ans et on le construisait ensemble. Ah le bain, qu’est-ce que c’était quelque chose ! Tu te cassais le dos à nous laver, nous surveiller quand nous nous amusions. Puis tu nous séchais et tu nous habillais.
J’étais le cow boy, et toi maman tu étais le policier. Et Alix nous regardait. À la fin on jouait tous les 3 à cache cache dans l’appartement.
L’armoire n’a pas résisté à faire semblant d’être un train. Heureusement qu’elle ne s’est pas écroulée sous nos balancements.
De la naissance jusqu’à 2 ans, il a fallu que tu me portes dans tes bras. Les voisins ne supportaient pas que je puisse chouiner. C’était la même chose pour Alix, qui se réveillait à 3 heures du matin.
Je me souviens quand tu dormais et que j’ai voulu te réveiller en te donnant un coup avec une bouteille en plastique.
Les soirs, tu nous racontais des histoires de schtroumpfs complètement loufoques que tu inventais. À 7 heures, tu me réveillais pour que nous prenions le petit déjeuner sur la table ronde offerte par mon oncle.
J’étais de bonne humeur, tout m’émerveillait. Chaque découverte était une joie.
Ensuite il y a eu Alix, et idem il a fallu que tu la portes dans tes bras, elle se réveillait à 3 heures du matin et tu continuais comme d’habitude à me réveiller à 7 heures.
J’ai commencé à mettre mon pyjama et mes vêtements tout seul quand j’ai arrêté d’être jaloux de ma petite sœur et de faire le bébé.
Et puis la veille que nous soyons retirés au foyer, j’ai préparé la purée mousseline tout seul. Nous nous occupions et nous nous amusions comme nous le pouvions vu que nous ne pouvions pas sortir d’après l’ogre.
Il y a tant et tant de souvenirs brisés, cassés, détruits, jugés. Des moments de joie, de rires, d’humour, d’histoires évanouies dans la brume.
Ce texte reste la propriété de son autrice.
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Le Renouveau Vosges